Les « matinées de l’inclusion » constituent des espaces privilégiés d’échanges, de réflexion et de montée en compétences pour les professionnels de la petite enfance et de l’enfance-jeunesse. Ces rendez-vous sont impulsés depuis plusieurs années par le PARHI « Caminèl ». Ils sont particulièrement appréciés, proposés 4 fois par an et affichent systématiquement complet.
Ces sensibilisations font appel à des professionnel·le·s disposant de compétences spécifiques sur les thématiques abordées. Elles sont menées dans une volonté commune de croiser les regards, les compétences et de renforcer la transversalité au sein de notre association ou le partenariat avec d’autres associations et services spécialisés.
Depuis 2024, Le PARHI 09, en partenariat avec VFA – structure de l’association spécialisée dans la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales -, ont mutualisé leurs compétences pour aborder une thématique sensible autour des violences sexuelles. Les professionnelles qui animent ces sensibilisations disposent de formations spécialisées sur ce sujet. Cet ancrage garantit la qualité et la fiabilité des informations transmises, ainsi que la pertinence de l’accompagnement proposé.
Ainsi, au printemps 2026, plusieurs temps de sensibilisation ont été proposés en Ariège autour de la prévention des violences sexuelles dans l’enfance, notamment une intervention au multi-accueil des Souleillous auprès de tous les professionnel·les de l’équipe et dans le cadre d’une matinée de l’inclusion afin de leur permettre de mieux protéger les enfants des violences sexuelles dès leur plus jeune âge.
Un cadre sécurisant
Dès l’ouverture de ces temps de sensibilisation, un point de vigilance est posé : il s’agit d’un sujet qui peut heurter. Un cadre sécurisant est donc indispensable, permettant à chacun·e de s’exprimer ou de faire une pause si nécessaire et de contacter les professionnel·le·s si besoin.

Les données partagées rappellent l’ampleur de la problématique :
- 160 000 enfants victimes chaque année en France,
- des violences survenant majoritairement dans l’entourage de l’enfant,
- et une vulnérabilité accrue pour certains publics, notamment les enfants en situation de handicap, près de 3 fois plus exposés.
Ces éléments soulignent l’importance d’une action précoce et coordonnée.
Ces sensibilisations, portées par Caminèl permettent d’élargir la réflexion : prendre en compte la question du handicap, c’est aussi reconnaître des facteurs de vulnérabilité supplémentaires (difficultés de communication, dépendance accrue à l’adulte,moindre accès à certains dispositifs de prévention…)
Dans ce contexte, les professionnel·les ont un rôle déterminant pour garantir un environnement sécurisant, respectueux et inclusif.
Signaux d’alerte
Les différentes interventions ont permis de revenir sur des repères essentiels. En effet, les enfants parlent ou montrent de façon très claire qu’ils sont victimes de violences sexuelles mais ne sont malheureusement pas crus ou soutenus par les adultes.
Les signaux d’alerte peuvent prendre des formes variées : changements de comportement ou d’humeur, troubles du sommeil ou de l’alimentation, régressions ou peurs nouvelles, comportements inhabituels ou sexualisés.
La réflexion collective insiste également sur la nécessité de différencier le développement normal de l’enfant (curiosité corporelle, exploration) de situations préoccupantes, en s’appuyant sur le contexte, la fréquence et l’intensité des comportements.
Un message central traverse l’ensemble des temps de sensibilisation : le doute ne doit jamais être porté seul. Face à une inquiétude ou à une révélation, les professionnel·les sont invité·es à observer précisément et noter les faits, prendre systématiquement la parole de l’enfant au sérieux, ne pas mener d’enquête, s’appuyer sur les procédures existantes et signaler sans délai si nécessaire. Le cadre collectif et institutionnel est ici essentiel pour protéger à la fois l’enfant et les équipes.

La prévention, une responsabilité collective
Au-delà du repérage, la prévention s’inscrit dans les gestes les plus simples du quotidien professionnel : respecter l’intimité de l’enfant, expliquer les gestes réalisés, reconnaître ses émotions et ses réactions, favoriser un climat de confiance.
Les facteurs de protections sont identifiés avec les professionnel.le.s. Ainsi des repères éducatifs sont également transmis aux enfants, adaptés à leur âge : connaître leur corps, identifier ce qui est agréable ou non, comprendre la notion d’intimité et apprendre à parler à un adulte de confiance.
« Le consentement s’apprend avant de se dire. »
Il ne s’agit pas de responsabiliser l’enfant, mais de lui donner des repères sécurisants. Un point fort de ces sensibilisations vise à l’intégration d’outils pédagogiques accessibles à tous les enfants, notamment autour de la distinction entre les « secrets bonheurs » qui font plaisir, et les « secrets poisons » qui font peur ou font mal et doivent être partagés avec un adulte.
Le travail autour des relations (égalité entre les filles et les garçons, respect de l’autre, attention aux stéréotypes) constitue également un levier important de prévention.
Ces temps de sensibilisation s’appuient sur les besoins exprimés par les professionnel·les (questionnements, difficultés rencontrées, besoin d’outils concrets ou de repères face à des situations complexes). Cette approche permet de proposer des contenus au plus près de la réalité des pratiques et de renforcer la confiance des équipes de terrain dans leur capacité à agir.
À travers ces actions conjointes, le dispositif « Caminèl » affirme son engagement pour soutenir les professionnel·les, développer une culture commune de vigilance et promouvoir des environnements d’accueil à la fois protecteurs et inclusifs.
Parce que la prévention repose sur une responsabilité collective, ces espaces de partage et de formation constituent un levier essentiel pour mieux protéger tous les enfants, sans exception.




